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Wing Tsun

Baat Jaam Dao

BAAT JAAM DAO : les couteaux

Baat Jaam Dao (八斬刀) se traduit par « huit couteaux qui tranchent » — et non par « couteaux papillon », contrairement à une traduction répandue. Le « huit » renvoie aux huit sections de la forme et, par extension, aux différents angles de coupe travaillés. C’est la forme la plus avancée du Wing Tsun, et la dernière enseignée.

L’arme est une paire de lames courtes de type sabre (dao, à un seul tranchant), longues d’environ un avant-bras. Une garde en D protège la main et permet de bloquer ou de frapper du plat ; le dos de la lame, émoussé, sert aux déviations. Tenues côte à côte, elles peuvent être dissimulées le long des avant-bras.

Le terme « couteaux papillon » (Wu Dip Do, ou hudiedao) désigne en réalité l’arme générique, répandue dans tout le sud de la Chine. « Baat Jaam Dao », lui, nomme spécifiquement la forme du Wing Chun exécutée avec ces lames. Appeler la forme « couteaux papillon » est donc un raccourci : c’est le nom de l’arme, pas de la forme.

Paire de sabres-papillon (hudiedao) du XIXe siècle avec fourreau
Sabres-papillon (hudiedao) du XIXᵉ siècle avec leur fourreau commun.

Une forme longtemps tenue secrète

Historiquement, le Baat Jaam Dao fut la forme la plus secrète du système : on raconte qu’Ip Man ne l’aurait transmise qu’à une poignée d’élèves. Elle développe un jeu de jambes avancé, la puissance en posture, et transpose à la lame les principes des mains nues : ainsi Gan Sao devient Gan Dao, Kwun Sao devient Kwun Dao, etc. Le poignet et l’avant-bras y sont extrêmement sollicités, ce qui accroît force, flexibilité et puissance. Chaque section apprend à gérer des armes venant d’angles différents — bâton, sabre… — et des attaques multiples.

Sabres-papillon (Baat Jaam Dao) de style Wing Chun
Paire de sabres-papillon de style Wing Chun moderne.

Histoire et lignée

Les hudiedao apparaissent au début du XIXᵉ siècle : des récits des années 1840 décrivent des miliciens du Guangdong entraînés au double sabre. Leur intégration au Wing Chun est relativement tardive (souvent située vers les années 1850), associée au milieu des Bateaux Rouges — où une arme courte, facile à dissimuler, convenait au combat rapproché. Comme le mannequin et le bâton long, cette forme doit être étroitement supervisée par un instructeur qualifié.

À noter : la documentation matérielle fiable ne remonte qu’au début du XIXᵉ siècle ; l’attribution à Shaolin / Jee Shim relève de la tradition orale. Ce sont des lames courtes (≈ un avant-bras), pour le combat rapproché. — Sources : Wikipédia (Butterfly sword, Wing Chun), B. Judkins (Chinese Martial Studies). Images : hudiedao, Metropolitan Museum of Art, CC0 ; sabres-papillon Wing Chun, Modell Design LLC, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

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