Les angles d’attaque
En Eskrima, on ne classe pas les attaques par « techniques » mais par angles. Peu importe l’arme — bâton, couteau, main nue — : une frappe qui descend en diagonale sur la tempe, c’est toujours le même angle. Apprendre les lignes, c’est apprendre à répondre à toutes les attaques qui suivent cette ligne, quelle que soit l’arme qui la porte. C’est le cœur de la logique philippine, et l’équivalent, côté Eskrima, des lignes de référence du Wing Tsun.
Les douze angles
La numérotation la plus répandue compte douze angles (elle varie selon les styles). Les tranchants (frappes qui coupent) et les estocs (pointe qui pique) se lisent sur les mêmes lignes :
- Diagonale descendante vers la tempe gauche.
- Diagonale descendante vers la tempe droite.
- Horizontale vers le flanc / genou gauche.
- Horizontale vers le flanc / genou droit.
- Estoc au ventre (ligne centrale).
- Estoc vers la poitrine gauche.
- Estoc vers la poitrine droite.
- Diagonale montante vers le genou / bas gauche.
- Diagonale montante vers le genou / bas droit.
- Estoc vers l’œil gauche.
- Estoc vers l’œil droit.
- Frappe verticale sur le sommet du crâne.
Pourquoi raisonner en angles ?
- Une réponse pour beaucoup d’attaques. Une même parade couvre toutes les frappes qui empruntent le même angle — on apprend une ligne, pas cent techniques.
- Le même geste pour toutes les armes. L’angle 1 se défend pareil que ce soit un bâton, un couteau ou un poing : c’est le principe « une réponse pour toutes » qui rend l’Eskrima si transférable.
- Attaque et défense sur les mêmes lignes. Tes propres frappes suivent ces angles ; défense et contre se lisent dans le même repère.
Ces angles se travaillent d’abord lentement, seul ou au partenaire, puis à vitesse réelle — voir les composants techniques et les distances de combat.
Note : le nombre d’angles (5, 8, 12…) et leur ordre dépendent du style et de la lignée ; le schéma ci-dessus est une synthèse pédagogique. Sources : Wikipédia (Arnis), documentation des arts martiaux philippins. Schéma : Académie Tan Sao.

