Cours fermés pour l’été — reprise le 1 septembre 2026. Réservez dès maintenant votre cours d’essai pour la rentrée ! Réserver un cours d’essai →

La posture — Yee Jee Kim Yeung Ma

Wing Tsun

La posture — Yee Jee Kim Yeung Ma

Toute la boxe du Wing Tsun repose sur une posture de base : le Yee Jee Kim Yeung Ma (二字拑羊馬). C’est elle que l’on tient, immobile, pendant toute la première forme Siu Nim Tao — et c’est d’elle que découlent structure, alignement et enracinement.

Que signifie le nom ?

Le nom se lit caractère par caractère :

  • Yee Jee (二字) : le « caractère deux ». Vue de face, la ligne des pointes de pieds et celle des talons dessinent les deux traits du chiffre 2 chinois — les pieds sont donc légèrement rentrés.
  • Kim (拑) : « serrer / pincer » — les genoux en adduction.
  • Yeung (羊) : « la chèvre » — comme si l’on tenait un mouton entre ses jambes.
  • Ma (馬) : « le cheval », c’est-à-dire la position.
Pointes rentrées : les lignes des pieds forment le caractère « deux ».
Posture de base du Wing Chun tenue pendant la forme Siu Nim Tao
La posture est tenue immobile pendant toute la forme Siu Nim Tao.

Comment se tient-elle ?

  • Pieds écartés à largeur d’épaules, pointes légèrement vers l’intérieur, talons ouverts.
  • Genoux fléchis et serrés vers l’intérieur (l’action vient des hanches, sans tension excessive).
  • Bassin légèrement basculé, dos droit, épaules relâchées, poids réparti.
  • Le corps reste souple et réactif, jamais figé dans la tension.

Pourquoi cette géométrie ?

La rotation des pieds, les genoux tournés vers l’intérieur et le bassin basculé créent une triangulation pieds–genoux–hanches : toute pression qui descend sur les bras est transmise vers le sol plutôt qu’absorbée par le corps. En abaissant le centre de gravité, on gagne en enracinement tout en restant mobile ; l’adduction des genoux protège l’axe central et l’aine et renforce la stabilité. C’est une posture de science autant que d’art : géométrie, physique et attention au détail.

D’où vient l’énergie vers l’avant ?

On croit souvent que l’adduction des genoux « pousse » vers l’avant. En réalité, l’énergie vers l’avant vient de l’extension de hanche (la chaîne postérieure) : l’adduction, elle, stabilise et abaisse le centre de gravité. Les deux travaillent ensemble — l’une dirige, l’autre ancre. C’est ce que résume la formule « lok yiu kim ma », la « posture basse en adduction » : on descend le centre, on serre, et la poussée part des hanches. Cette énergie remonte ensuite du sol jusqu’aux bras — voir la structure des 7 articulations.

Rigide, puis souple

  • Ferme dans les formes, adaptable en combat : on tient la posture rigoureusement en Siu Nim Tao, mais on l’assouplit dès qu’il s’agit de bouger.
  • Poids au centre des pieds, jamais sur les talons : c’est la garantie d’un appui vivant et réactif.
  • Le haut du corps relâché en permanence : le song ne s’arrête pas à la taille.

À savoir

Le Yee Jee Kim Yeung Ma n’est pas une posture de combat : on ne se bat pas figé dedans. C’est un outil d’entraînement qui bâtit la connexion du sol jusqu’aux bras. Le pivot et les déplacements, eux, arrivent avec la deuxième forme, Chum Kiu. Enfin, il ne faut pas exagérer la bascule du bassin ni le serrage des genoux : le geste doit rester relâché.

À noter : les lignées divergent sur le statut exact de la posture (entraînement vs combat) et le détail du bassin (neutre vs rétroversion). — Sources : Wikipédia (Wing Chun) et écoles de lignée reconnues (WCKUK, London Wing Chun). Photo : démonstration de Siu Nim Tao, Sigung keko, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Scroll to Top