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Eskrima

Qu’est-ce que l’Eskrima ?

L’Eskrima désigne les arts martiaux des Philippines (en anglais Filipino Martial Arts, FMA) : un art à la fois armé et à mains nues, réputé pour son efficacité et son bon sens. Ce n’est pas « un » style unique, mais toute une famille de systèmes — c’est pourquoi, à l’Association Tan Sao, nous ne nous enfermons pas dans une seule école : nous mélangeons le meilleur de plusieurs styles.

Sparring au bâton en Eskrima
L’Eskrima : distance, angles et vitesse, le bâton à la main.

Eskrima, Arnis, Kali… quel nom ?

Les trois mots sont, pour l’essentiel, synonymes :

  • Eskrima (ou Escrima) vient de l’espagnol esgrima, « escrime ».
  • Arnis vient de l’espagnol arnés (« harnais/armure »), via l’expression arnés de mano.
  • Kali est un terme du XXe siècle popularisé en Occident, d’origine débattue.

Depuis 2009, l’Arnis est officiellement l’art martial et le sport national des Philippines.

Une pédagogie unique : les armes d’abord

C’est la grande particularité de l’Eskrima : contrairement à la plupart des arts martiaux, on commence par les armes — le bâton, puis le couteau — et l’on ne passe aux mains nues qu’ensuite. La logique : les gestes s’acquièrent naturellement, par la mémoire du mouvement développée avec l’arme (le combattant d’autrefois était armé, et ne se battait à mains nues qu’après avoir perdu son arme).

Bâtons, couteaux, mains nues

  • Solo baston : le bâton simple, en rotin (léger et sûr à l’entraînement).
  • Doble baston : le double bâton, avec le sinawali (« tisser ») — des tissages à deux armes qui développent l’ambidextrie et le jeu de jambes.
  • Daga : le couteau/la dague.
  • Espada y daga : bâton (ou épée) et dague ensemble.
  • Mano-mano : les mains nues — frappes, clés, contrôles et projections.
Démonstration de Sinawali, double bâton
Le sinawali : le « tissage » au double bâton.

Une logique de lame

L’Eskrima raisonne par angles d’attaque numérotés et un jeu de jambes en triangle qui évite de croiser les appuis. La main libre (« live hand ») piège, contrôle et désarme — une signature de l’art. Beaucoup de techniques supposent une lame : on vise d’abord les mains et les bras pour neutraliser l’arme adverse (« defanging the snake », arracher les crochets du serpent). Un adage résume l’état d’esprit : « le bâton cherche l’os, la lame cherche la chair ».

Travail de drills au bâton à l'Académie Tan Sao

Une famille de styles — et notre approche

Il n’existe pas « un » Eskrima, mais une multitude de systèmes régionaux : Doce Pares, Balintawak, Modern Arnis, Pekiti-Tirsia, Lameco, Serrada, Inosanto Kali… chacun avec ses accents. Plutôt que de nous limiter à une seule école, nous puisons dans plusieurs de ces styles pour en garder ce qui est le plus simple, efficace et applicable. Pour aller plus loin, voir les différents styles, les les composants techniques et notre enseignement à l’ATS.

Un art, une culture

Au-delà du combat, l’Eskrima est un patrimoine culturel philippin, longtemps transmis de façon informelle au sein des familles. Sous la colonisation, quand le port d’épées fut restreint, les pratiquants ont conservé l’art avec des bâtons de rotin et de petits couteaux, allant parfois jusqu’à déguiser l’entraînement en danses pour le préserver. Un art vivant, pragmatique et profondément humain.

Sources : Wikipédia (Arnis, Arnis in the Philippines), Republic Act n° 9850 (2009). Les points relatifs à l’origine du mot « Kali », au degré d’influence espagnole et aux interdictions coloniales mêlent fait historique et tradition orale. Images : Sinawali, Carmen Novoa, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons ; autres photos : Académie Tan Sao.

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