LOK DIM BOON KWUN
LOK DIM BOON KWUN : le bâton long
Luk Dim Boon Kwun (六點半棍), le « bâton des six points et demi », est l’une des deux formes d’armes du Wing Tsun. Elle est enseignée après la forme du mannequin de bois et compte parmi les programmes les plus avancés du système. Les graphies Lok Dim Boon Kwun, Luk Dim Boon Gwan ou Lok Dim Boon Kwan désignent la même arme.

« Six points et demi » : pourquoi ce nom ?
Le nom vient du contenu de la forme : six techniques répétées dans différentes directions, plus une demi-technique (le fait de relâcher / d’abaisser le bâton), d’où les « six et demi ». Certaines lignées énoncent plutôt sept principes — Tai (déraciner), Lan (élargir), Dim (choc), Kit (dévier), Got (couper vers le bas), Wan (cercle) et Lau (fluidité) — le septième comptant pour la « demie ».
L’arme est un bâton de bois conique, plus épais à la base qu’à la pointe, manié par une seule extrémité. Sa longueur varie selon les lignées — souvent de l’ordre de 2,5 à 2,75 m (8 à 9 pieds), parfois davantage ; une règle empirique le veut d’environ une fois et demie la taille du pratiquant. La posture Yee Jee Kim Yeung Ma laisse place à des positions plus longues et basses : le Say-Ping-Ma (« position quadrilatérale ») et le Ding-Ji-Ma (« position en T »).
Force, structure et énergie
Peu de techniques, mais très approfondies : cette forme exige une force considérable de tout le corps et développe le dos, les épaules, les bras, l’avant-bras, le poignet et les jambes. La puissance est concentrée à la pointe, avec une force flexible — raison pour laquelle peu de pratiquants la maîtrisent réellement. Un objectif traditionnel est d’ailleurs de renforcer le poignet pour améliorer le Biu Jee. On y étudie aussi le Chi Kwun (« bâton collant »), avec un partenaire armé de la même arme, qui affine la sensibilité aux lignes de force.
Une arme venue des Bateaux Rouges
La tradition attribue l’introduction du bâton dans le Wing Chun à Leung Yee Tai, perchiste des Bateaux Rouges de l’opéra cantonais, qui maniait quotidiennement une longue perche pour propulser les jonques. Il l’aurait échangée contre des techniques de Wing Chun avec Wong Wah Bo, le bâton étant ensuite simplifié et intégré au système.
À noter : le récit Leung Yee Tai / Jee Shim / Shaolin relève de la tradition orale, non d’une preuve historique ; des historiens y voient plutôt une arme civile banale à l’époque des révoltes du XIXᵉ siècle. La longueur du bâton varie selon les lignées. — Sources : Wikipédia (Wing Chun, FR/EN), Wing Chun Illustrated, Kwok Wing Chun. Photo : Académie Tan Sao.

