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Wing Tsun

Chapitre 1 : Les origines légendaires

Avant que la recherche historique ne vienne préciser ses véritables origines (voir le Chapitre 2), le Wing Tsun s’est transmis à travers une légende devenue indissociable de son identité. Qu’elle soit exacte ou symbolique, cette histoire dit beaucoup de l’esprit de l’art : la souplesse plutôt que la force, l’intelligence du mouvement plutôt que la démonstration de puissance.

Cours de Wing Tsun à l’Association Tan Sao
Le Wing Tsun privilégie la structure, la sensibilité et la ligne directe à la force brute.

La fin du temple Shaolin du Sud

On situe la naissance du Wing Tsun à une époque troublée, sous la dynastie Qing (XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècle), alors que le sud de la Chine bouillonne de mouvements de résistance. La tradition raconte que le temple Shaolin du Sud, soupçonné d’abriter des opposants au pouvoir mandchou, fut encerclé puis incendié. Quelques maîtres — que la légende désigne sous le nom des « Cinq Aînés » — en auraient réchappé, emportant avec eux leur savoir martial et la volonté de le transmettre. Parmi eux, une nonne bouddhiste : Ng Mui.

Ng Mui et la quête d’un art nouveau

Ng Mui était réputée pour sa maîtrise du kung fu Shaolin. Mais elle cherchait autre chose : un système qui ne reposerait pas sur la puissance physique, un art grâce auquel une personne plus petite ou moins forte pourrait l’emporter sur un adversaire plus puissant. La légende veut qu’en observant la nature — notamment un affrontement entre une grue et un serpent — elle ait dégagé les principes d’un nouvel art : esquiver plutôt que bloquer de force, garder une structure solide, attaquer par la ligne la plus directe et n’employer que le mouvement nécessaire.

Travail à deux, sensibilité et contrôle
« Coller » à l’adversaire pour sentir et rediriger sa force : un principe au cœur de la lignée.

Yim Wing Chun, celle qui donna son nom à l’art

Ng Mui rencontra une jeune femme, Yim Wing Chun (que l’on traduit par « beau printemps »), fille d’un marchand de tofu. Un notable local, brutal, voulait la contraindre au mariage. Ng Mui la prit sous sa protection et lui transmit son art durant plusieurs années. Forte de cette technique, Yim Wing Chun défia son prétendant en combat singulier — et le vainquit. Libre, elle put épouser l’homme qu’elle aimait, Leung Bok Chao, à qui elle enseigna à son tour. En hommage à celle qui l’avait fait connaître, l’art prit le nom de Wing ChunWing Tsun selon l’orthographe propre à notre lignée.

De la légende à l’histoire

Longtemps transmis oralement, ce récit est aujourd’hui considéré comme largement symbolique. Il raconte moins des faits qu’une philosophie : l’idée qu’un art bien construit vaut mieux que la force, et qu’il peut être l’affaire de toutes et de tous. Les registres familiaux et les recherches récentes dessinent une histoire plus complexe — et tout aussi passionnante. C’est elle que retrace le Chapitre 2 : Siu Lin Tao et Wong Wah Bo.

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