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Chapitre 4 : de Leung Ting à nos jours

Wing Tsun

Chapitre 4 : de Leung Ting à nos jours

À la mort d’Ip Man en 1972 (voir le Chapitre 3), le Wing Chun se ramifie en de nombreuses écoles. La lignée que nous pratiquons à l’Académie Tan Sao suit un chemin précis : elle passe par Leung Ting, gagne l’Europe grâce à Keith Kernspecht, avant de nous parvenir — et de nous conduire à un choix pédagogique assumé.

Leung Ting et le « WingTsun »

Leung Ting (梁挺, né en 1947 à Hong Kong) commence le Wing Chun auprès de Leung Sheung, l’un des plus anciens élèves d’Ip Man, avant de s’entraîner directement auprès du maître à la fin des années 1960. Sa lignée le présente comme l’un des derniers élèves privés d’Ip Man — une revendication largement reprise, mais contestée par d’autres branches.

Son apport majeur est organisationnel et pédagogique. Il fonde l’International WingTsun Association (IWTA) dans les années 1970, adopte volontairement l’orthographe « WingTsun » pour signer sa lignée, et surtout structure un programme gradué : douze grades d’élève (student grades), douze grades de technicien, et les fameuses sections de Chi-Sau (I à VII).

Le Grand Maître Leung Ting
Le Grand Maître Leung Ting.

Keith Kernspecht : le WingTsun conquiert l’Europe

C’est un Allemand, Keith R. Kernspecht (1945-2024), qui va porter ce système en Europe. Après avoir découvert le Wing Chun à Londres, il invite Leung Ting en Allemagne en 1975 et devient son représentant. Dès 1976, il fonde l’EWTO (Europäische WingTsun Organisation), qui deviendra l’une des plus grandes organisations d’arts martiaux du continent, avec des dizaines de milliers d’élèves et une académie dédiée à la formation des instructeurs.

École de WingTsun (EWTO), Allemagne
Une école de WingTsun de la mouvance EWTO, en Allemagne.

Une pédagogie très codifiée

Pourquoi ce système européen est-il devenu si codifié, structuré en sections et en chorégraphies ? Pour une raison très concrète : Leung Ting, résidant à Hong Kong, ne venait qu’occasionnellement en Europe. Il fallait donc transmettre un maximum de contenu, de façon homogène et vérifiable, à des milliers d’élèves répartis dans de nombreux pays. D’où un programme gradué et un système d’examens très précis, garants d’une qualité uniforme.

Cette approche diffère de l’enseignement traditionnel de Hong Kong, qui passe plus directement de la technique à l’application libre. Ni meilleure ni moins bonne : simplement pensée pour un autre contexte. (À noter, sans prendre parti : cette mouvance a connu, comme beaucoup, des scissions et des désaccords organisationnels.)

Notre lignée, et notre choix

L’Académie Tan Sao est issue de cette lignée allemande, à travers la fédération AIWTKF. Mais nous avons fait un choix : rompre avec les méthodes très chorégraphiées européennes pour nous rapprocher de la pédagogie de Hong Kong — apprendre la technique, puis la mettre aussitôt à l’épreuve en situation libre, jusqu’au sparring (Gwo Sau). Nous n’avons plus de multiples « sections », mais deux programmes de Chi-Sau directement tournés vers l’application.

Le groupe de l'Académie Tan Sao
L’Académie Tan Sao aujourd’hui : la lignée se poursuit sur le tapis.

D’une nonne de légende à un dojo d’aujourd’hui, en passant par les Bateaux Rouges, Ip Man et l’Europe : telle est la longue chaîne de mains qui aboutit, chaque semaine, à nos entraînements. Pour découvrir concrètement le système — ses formes, son Chi-Sau et sa méthode —, rendez-vous sur Apprentissage du Wing Tsun.

Repères d’après Wikipédia (Leung Ting), ewto.com et wingtsunwelt.com. Les mentions de « dernier élève » et de « plus grande organisation d’Europe » sont des revendications de lignée/d’organisation. Crédits images (Wikimedia Commons) : Leung Ting et école EWTO — CC BY-SA 3.0 (Pethol ; Christian A. Tietgen) ; photo de groupe : Académie Tan Sao.

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